Comment les entreprises se remettront-elles de la crise du coronavirus : le point de vue des responsables des finances et de la trésorerie

Tom Rooney - April 29, 2020

La publication d’un certain nombre d’études a coïncidé avec le début du deuxième trimestre, et il ressort de plusieurs d’entre elles que les dirigeants financiers s’attendent à une période de reprise plus longue que prévue après la pandémie de COVID-19.

Les plans de relance du gouvernement dévoilés ces derniers jours n’ont pas réussi à dissiper les incertitudes qui continuent à gripper l’économie mondiale. Alors que les hauts dirigeants peinent à quantifier l’ampleur des effets que cette pandémie aura sur leur activité, ils réajustent leurs prévisions en conséquence.

La vision des dirigeants

Le brusque changement d’état d’esprit observé entre la première et la deuxième édition de l’enquête de PWC concernant les directeurs financiers est révélateur de ce réajustement.

Pas plus tard que le 11 mars, 54 % des dirigeants interrogés craignaient que le coronavirus ait un sérieux impact sur leur entreprise. Ils sont aujourd’hui 87 % à s’inquiéter.

Ils redoutent en premier lieu l’éventualité d’une récession mondiale. La perspective de répercussions financières, y compris l’impact sur le capital et la liquidité, arrive en deuxième position, malgré un bond de 48 à 64 %.

Sans surprise, 80 % des personnes interrogées s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires et/ou de leur bénéfice pour cette année, proportion qui semble plus raisonnable que les 58 % initiaux.

Ressources complémentaires

  • Cash management during a crisis
  • Coronavirus: The CFO Perspective (1re partie)
  • “CashAnalytics is of great importance to our company”

Mesures à prendre

Pourtant, 76 % d’entre eux estiment que si la pandémie prenait fin brusquement, leur entreprise pourrait reprendre une activité normale dans les trois mois, même s’ils pensent accuser une chute de 14 % par rapport aux prévisions initiales.

Comme en témoignent d’autres résultats, la gestion et la préservation de la trésorerie sont devenus des objectifs essentiels ces derniers mois. Un peu moins de 70 % des personnes interrogées ont déjà commencé à réduire leurs dépenses, tandis que 58 % d’entre elles ont soit retardé, soit mis en veilleuse les investissements prévus.

En outre, à la question de savoir quelles mesures financières leur entreprise envisageait de mettre en œuvre, pour chaque cas de figure, 64 % ont répondu qu’ils comptaient privilégier la réduction des dépenses ou le report, voire l’annulation, des investissements prévus.

Liquidité : le maître mot

D’après Leo van der Tas, chargé des services d’IFRS d’EY, les entreprises, malgré la situation qui évolue au jour le jour, vont devoir déterminer si elles disposent de ressources de trésorerie suffisantes pour rester à flot pendant au moins un an.

“Naturellement, les dirigeants touchés par la crise se préoccuperont de la survie de leur activité.  Or la question cruciale est de savoir si l’entreprise dispose d’un flux de trésorerie suffisant pour survivre au cours des six ou douze prochains mois.”

Dans son article traitant des effets de la pandémie de COVID-19 sur les informations financières, M. Van der Tas a également souligné la nécessité de révéler les incertitudes dans toute présentation de la capacité d’une entreprise à résister sur le court terme.

“Lors de la préparation des états financiers, les dirigeants doivent évaluer si l’entreprise est en mesure de se maintenir, et si l’hypothèse d’une continuité d’activité est fondée”, explique-t-il.

Compte tenu des circonstances, leur évaluation devra prendre en compte les effets actuels et anticipés de la pandémie sur l’activité.

“Étant donné le caractère imprévisible de l’impact potentiel, il est probable que des incertitudes significatives fassent douter de la possibilité pour l’entreprise de fonctionner selon le principe de la continuité d’exploitation. Toutefois, si les états financiers s’appuient sur ce principe, ils doivent également exposer ces incertitudes”, conclue-t-il.

Prévision continue sur trois mois

Un processus prévisionnel précis et adaptable devrait néanmoins permettre de minimiser ces incertitudes.

Deloitte a déjà mentionné la nécessité éventuelle de corriger les prévisions et les hypothèses relatives aux flux de trésorerie, tandis que Keith Lynch, du service de trésorerie chez KPMG, a de son côté conseillé aux entreprises de mettre en œuvre sans tarder une prévision de trésorerie continue sur trois mois.

Nous avons précédemment abordé en détail ce modèle prévisionnel sur 13 semaines.

Désormais très répandu dans le paysage des entreprises, il garantit un équilibre presque parfait entre portée et précision. Il présente également l’avantage de répondre aux besoins des nombreuses parties prenantes, qui d’après M. Lynch devraient être consultées fréquemment pendant cette période.

“En mettant en place un processus de gestion de trésorerie robuste, les entreprises seront mieux à même de comprendre leur position de trésorerie. Pour bénéficier d’une visibilité complète à court terme, nous recommandons des prévisions continues sur trois mois avec analyse de l’écart entre données réelles et prévisions.

“Celles-ci peuvent être réalisées tous les jours ou toutes les semaines. Il convient également de dialoguer régulièrement avec les parties concernées en interne, afin de s’assurer que les modifications apportées aux prévisions de trésorerie soient comprises et appliquées”, a-t-il souligné.

Autres mesures

Les recommandations d’EY (voir l’image ci-dessus) en réaction à la crise du coronavirus se répartissent en quatre axes principaux. Pour les trésoriers, le message est relativement simple et reprend en partie les préconisations de Keith Lynch. Il convient de contrôler la trésorerie, d’analyser fréquemment et en profondeur les scénarios de prévisions, et de maximiser et préserver la liquidité.

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